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/Fragmentation De La Foret Dense Humide Africaine Et Extension Des Biotopes Montagnards Au Quaternaire Recent: Nouvelles Donnees Polliniques Et Chronologiques. Implications Paleoclimatiques Et Biogeographiques
Abstract

Des données polliniques nouvelles obtenues dans les forêts denses humides (‘rain forests’) du Ghana et de l’Ouest Cameroun, permettent de renouveler la question des refuges forestiers durant les périodes arides et froides du Quaternaire récent. Durant les périodes froides ou fraîches et suivant les variations de l’humidité, les biotopes montagnards soit forestiers, soit de milieu ouvert, ont pu s’étendre à basse altitude, remplaçant plus ou moins les forêts de plaine, réfugiées alors dans trois secteurs isolés, constituant ainsi un refuge dit de Haute-Guinée, une série de refuges Camerouno-Gabonais et enfin un refuge du Zaïre oriental (Fig. 1). Cette vaste extension montagnarde a probablement maintenu un écran entre les savanes soudaniennes au nord et zambéziennes au sud, expliquant en particulier la différence au niveau spécifique de leurs flores. D’un point de vue paléoclimatique, jusqu’à maintenant il a été difficile de réconcilier les données de température de surface des océans tropicaux obtenues par CLIMAP avec les données obtenues, par exemple, sur l’Afrique tropicale. Ces dernières montrent que lors du dernier maximum glaciaire, l’aridité a été alors très forte et l’abaissement de la température compris en moyenne entre 5 et 8°C. Toutefois, lorsqu’on prend en compte la grande intensification des upwellings à cette époque, avec par exemple pour la bande équatoriale de l’Atlantique un abaissement maximum de 8 à 9°C en été, il est possible d’expliquer les changements importants survenus sur l’Afrique tropicale par l’action refroidissante et aridifiante des couvertures nuageuses stratiformes qui sont générées par les eaux froides de l’Atlantique tropical. Ces nuages, qui se présentent souvent sous forme de manteaux nuageux persistants et généralement pas ou peu précipitants, interceptent le rayonnement solaire et provoquent un abaissement des températures de surface. Des exemples actuels d’extension localisée de biotopes montagnards à basse altitude sont décrits. Ces modèles actuels montrent comment des couvertures nuageuses persistantes peuvent expliquer l’extension des conditions montagnardes en plaine durant les périodes froides du Quaternaire. Les up-wellings, 308actuellement synchrones à travers le Golfe de Guinée, amplifient donc le signal des alizés qui seraient ainsi à l’origine des changements climatiques et biogéographiques survenus sur l’Afrique tropicale. The fragmentation of the African rain forest and the extension of montane biotopes during the late Quaternary: new pollen and chronological data. Palaeoclimatic and biogeographic inferences. New pollen data from the rain forests of Ghana and West Cameroun permit us to re-examine the question of forest refugia during late Quaternary arid and cold periods. During the cold or cool periods and in response to changes in humidity, the montane biotopes, forested or open, spread to low altitude, more or less replacing the lowland forests. These forests occurred in three isolated refugia, the Upper Guinea, the Cameroun-Gabon series, and the eastern Zaire (Fig. 1). This extensive montane complex probably served as a screen between the sudanian savanna to the north and the zambezian to the south, particularly explaining the difference at the specific level of their floras. The palaeoclimatic implications of, on the one hand, the CLIMAP sea surface temperature data, and on the other, the temperature and rain data from continental tropical Africa, are difficult to reconcile. The continental data for the last glacial maximum indicate increased aridity and temperatures lowered by 5 to 8°C. However, it is possible to explain the major changes in continental temperatures in terms of an interaction between tropical Atlantic upwellings and cloud formation. In particular, stratiform cloud cover produced by the cold Atlantic waters (maximum lowering during the last glacial maximum, 8 to 9°C), caused a cooling and drying of the adjacent land areas. These clouds formed persistent covers, producing little or no rain, but intercepting solar radiation and causing lowered temperatures. Examples are described of present-day extensions to low altitudes of montane biotopes. These models illustrate that persistent cloud covers could have caused the spread of montane conditions to lowlands during cold Quaternary periods. The upwellings, presently synchronous throughout the Guinea Gulf, amplify the trade winds which could account for the climatic and biogeographic changes in tropical Africa.

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