Le developpement accelere des technologies de communication, de saisie et de traitement de l’information durant les dernieres annees decennies ouvre la voie a de nouveaux moyens de controle social. Selon l’auteur Gary Marx ceux-ci sont de nature non coercitive et permettent a des acteurs prives ou publics d’obtenir des informations personnelles sur des individus sans que ceux-ci y consentent ou memes sans qu’ils en soient conscients. Ces moyens de controle social se fondent sur certaines valeurs sociales qui sont susceptibles de modifier le comportement des individus comme le patriotisme, la notion de bon citoyen ou le volontarisme. Tout comme les moyens coercitifs, elles amenent les individus a adopter certains comportements et a divulguer des informations precises. Toutefois, ces moyens se fondent soit sur le consentement des individus, consentement qui est souvent factice et imposee, soit l’absence de connaissance du processus de controle par les individus. Ainsi, l’auteur illustre comment des organisations privees et publiques obtiennent des informations privilegiees sur la population sans que celle-ci en soit reellement consciente. Les partisans de tels moyens soulignent leur importance pour la securite et le bien publique. Le discours qui justifie leur utilisation soutient qu’ils constituent des limites necessaires et acceptables aux droits individuels. L’emploi de telles methodes est justifie par le concept de l’interet public tout en minimisant leur impact sur les droits des individus. Ainsi, ces methodes sont plus facilement acceptees et moins susceptibles d’etre contestees. Toutefois, l’auteur souligne l’importance de reconnaitre qu’une methode de controle empiete toujours sur les droits des individus. Ces moyens de controle sont progressivement integres a la culture et aux modes de comportement. En consequence, ils sont plus facilement justifiables et certains groupes en font meme la promotion. Cette realite rend encore plus difficile leur encadrement afin de proteger les droits individuels. L’auteur conclut en soulignant l’important decalage moral derriere l’emploi de ces methodes non-coercitives de controle social et soutient que seul le consentement eclaire des individus peut justifier leur utilisation. A ce sujet, il fait certaines propositions afin d’encadrer et de rendre plus transparente l’utilisation de ces moyens de controle social.